Pour diffusion immédiate
Beauport, le 19 janvier 2005
-La Direction régionale de santé publique de Québec
tient à sensibiliser la population aux risques à la
santé liés au froid et les moyens de les prévenir.
RAPPEL DE
LA PHYSIOLOGIE NORMALE
Le corps humain en bonne santé possède des mécanismes
lui permettant normalement de se défendre adéquatement
d'une chute de température corporelle. Ces réflexes
sont surtout localisés au niveau des vaisseaux sanguins dont
le flot est contrôlé par le thalamus situé à
la base du cerveau. Le thalamus a pour fonction de maintenir une
température normale de 37 o C dans les organes vitaux comme
le cur, les reins, le foie et éventuellement le cerveau.
Lors d'exposition au froid, le thalamus, par un signal dirigé
aux vaisseaux périphériques, commande une réduction
de l'apport sanguin au niveau des mains, des pieds, du nez et des
lobes d'oreilles. Ce mécanisme n'existe pas au niveau de
la tête, car il risquerait de produire une réduction
de l'apport sanguin pouvant être préjudiciable au cerveau.
Ainsi, pour protéger le cerveau, le corps humain accepte
que la tête puisse être une source importante de perte
de chaleur lorsqu'elle n'est pas protégée adéquatement.
Lorsque la température du corps s'abaisse trop, un autre
mécanisme important tente de rétablir la température
corporelle normale. Il s'agit de la contraction involontaire des
muscles, qui se traduit par le frisson et plus tard, par le grelottement.
RISQUES À
LA SANTÉ
· L'engelure : La majorité de la population
connaît les signes de blanchiment ciré des parties
exposées au froid, signe visible de l'engelure souvent non
douloureuse. Il faut savoir que lors de grand froid elle peut apparaître
rapidement, surtout si la partie exposée est mouillée
et si le facteur de refroidissement par le vent est important. La
gravité peut varier et il faut considérer les atteintes
de la peau comme étant similaires à une brûlure.
· L'hypothermie : Si la température corporelle
s'abaisse en deçà de 35 °C, les fonctions corporelles
cesseront d'être efficaces. La gravité des conséquences
dépendra de la température corporelle mesurée
et pourra même conduire à la mort. Au Québec,
12 décès par hypothermie ont été recensés
en 1994 et 16 en 1995. On évalue de tels décès
à environ 750 par année aux USA. Il est important
de savoir que les chances de survie d'un traumatisé de la
route seront beaucoup moindres s'il souffre d'hypothermie au moment
de l'accident ou ultérieurement lors des premiers soins.
Il faut savoir reconnaître les
premiers signes d'une hypothermie : prononciation saccadée
des phrases (comme sous l'influence de boissons alcooliques), difficulté
à la marche et tendance à trébucher, perte
de jugement puis confusion mentale, perte de coordination des membres,
attitude psychologique bizarre (comme vouloir se dévêtir
même si la victime gèle), sentiment de fatigue et d'intense
frilosité, sensation d'engourdissement progressif et de tension
musculaire et éventuellement, perte de conscience et coma.
Problèmes de santé pouvant
être déclenchés ou aggravés lors d'une
exposition au froid :
Les maladies cardiaques, cérébrovasculaires (thrombose
cérébrale) et respiratoires.
Aux États-Unis, on constate que les décès par
ces maladies sont plus fréquents en hiver qu'en été,
même dans des états plus tempérés comme
la Floride. Ces décès pourraient être la conséquence
de la plus grande viscosité du sang et de l'efficacité
diminuée du système immunitaire, lorsque la température
corporelle s'abaisse. L'impact sur la santé publique d'une
exposition au froid pourrait donc être ici beaucoup plus important
Le coeur demeure un organe très sensible à une baisse
de température corporelle pouvant entraîner des désordres
tels que ralentissement du pouls, chute de tension artérielle
voire même un arrêt cardiaque dans les cas extrêmes
(des gens égarés ou des sans abri à l'extérieur
par temps très froids, etc.)
PERSONNES À RISQUE DE SOUFFRIR DU FROID
Les personnes les plus à risques sont :
· Les personnes âgées : par une réponse
vasculaire ralentie ou inefficace la perception du froid est émoussée.
L'état de leurs vaisseaux sanguins ou de leurs poumons est
déjà plus fragile et, en raison de leur masse musculaire
moins importante, le frissonnement est absent ou peu apparent. Ces
personnes pourraient même souffrir d'hypothermie à
l'intérieur de leur domicile, lors de certaines circonstances.
· Les nouveau-nés : leur système de
réponse neurovasculaire n'étant pas encore aussi performant
que celui d'un enfant ou adulte.
· Les jeunes adultes ou adolescents qui pratiquent des activités
sportives ainsi que les gens qui travaillent à l'extérieur
sans se vêtir convenablement, ni se préparer adéquatement
par un apport nutritif suffisant. Le danger est particulièrement
important lors de balade en ski de fond ou en motoneige ou de travail
extérieur intense.
· Les personnes souffrant de maladies chroniques :
diabète, maladies de la thyroïde, maladies arthritiques
(prise d'anti-inflammatoires), maladies cardiaques ou respiratoires,
alcoolisme, maladies psychiatriques ; personnes sous médication
(somnifères, médicaments de type "benzodiazépine"
- Valium, Librium, Ativan, Xanax, etc.). En raison de la maladie
ou de la médication, toutes ces personnes pourraient être
plus vulnérables lors d'une exposition au froid, puisqu'ils
peuvent vivre une diminution de l'efficacité des mécanismes
de défense au froid.
Les hommes seraient plus susceptibles de mourir d'hypothermie que
les femmes, parce qu'ils travaillent plus souvent à l'extérieur
et possèdent normalement moins de tissus adipeux.
MOYENS DE PRÉVENTION
· Limiter au maximum les activités extérieures
surtout si l'on fait partie des groupes à risque. Remettre
tout voyage prolongé en automobile s'il n'est pas nécessaire.
S'il est impossible de remettre le voyage, il est prudent de prévoir
de la nourriture de soutien, des couvertures et des vêtements
de rechange, l'hydrate de méthyle (pour dégivrer les
conduits d'essence). S'assurer que tous les éléments
de la voiture sont en bon état de fonctionnement.Si vous
êtes une personne à risque (personne âgée,
personne avec problème cardiaque ou pulmonaire) faites venir
un taxi au lieu de pelleter ou de déneiger l'auto. Éviter
de vous déplacer seul.
· Si l'on doit quand même sortir à l'extérieur
: il faut s'assurer d'être bien habillé. La tête
est une partie du corps qu'il faut bien recouvrir car les pertes
de chaleur sont plus importantes par cette voie. Il est prudent
de se recouvrir la bouche avec un foulard, cache-cou, etc., pour
éviter de refroidir les bronches. Les vêtements devraient
comporter une couche protectrice contre le vent et l'eau. À
cet effet, le fait de porter plusieurs couches de vêtements
est utile, car la couche d'air entre chacune sert d'isolant. Il
est conseillé de porter des pantalons plutôt qu'une
robe ou une jupe. Toujours maintenir un certain niveau d'exercice
régulier tel la marche, le sautillement ou la mobilisation
des membres, sans pour autant s'engager dans des exercices pouvant
faire transpirer à outrance. Éviter les efforts exténuants
pour les personnes en mauvaise condition physique. Éviter
de demeurer inactif pour des périodes prolongées.
Lorsqu'il est impossible de mobiliser ses membres, il est recommandé
d'adopter la position accroupie.
· Pour les jeunes s'adonnant à des randonnées
en forêt : prévoir d'apporter avec soi de la nourriture
de soutien, des vêtements secs de rechange.
· À la maison : maintenir la température
des pièces à une température convenable incluant
la chambre à coucher (minimum de 20 °C). Éviter
de surchauffer les poêles à bois, les foyers d'appoint,
les chaufferettes électriques à cause des risques
d'incendie et d'intoxication au monoxyde de carbone. Afin de prévenir
des incendies, éviter de surcharger les prises électriques
et les multiprises, utiliser plutôt des rallonges ayant un
calibre adéquat. S'assurer de leur bon fonctionnement et
de leur entretien avant de les utiliser. De plus, les chaufferettes
fonctionnant avec des combustibles (ex : kérosène)
ou de camping ainsi que l'utilisation des fours des cuisinières
électriques ou au gaz pour se réchauffer sont à
proscrire pour les mêmes raisons.
· Éviter le café et l'alcool en raison des
effets diurétiques et de la perte de chaleur qu'ils provoquent.
Consommer plutôt des boissons et des aliments chauds.
PREMIERS SOINS
· Lors d'engelure : ne jamais frotter avec de la neige
ou tout autre matériel. Réchauffer délicatement
et progressivement avec les mains ou un bassin d'eau chaude ne dépassant
pas 42 °C.
· Lors d'hypothermie : ces victimes devront être
conduites à l'hôpital. Ne jamais donner de l'alcool
ou tout autre breuvage contenant de la caféine (café,
thé, liqueur douce type Coca-cola), qui pourrait être
la source de troubles cardiaques. Débarrasser rapidement
la victime de tout vêtement mouillé, recouvrir de couvertures
ou vêtements chauds et secs. Effectuer le transport de ces
victimes très délicatement, le moindre choc pouvant
provoquer des
perturbations cardiaques.
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Pour information : Ginette Langevin
Direction régionale de santé publique
Agence de développement de réseaux locaux de services
de santé et de services sociaux de la Capitale nationale
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